La participation des personnes en situation de handicap aux activités physiques et sportives ne peut s’envisager sans un patrimoine d’équipements sportifs accessibles. Plusieurs critères sont indispensables pour une pratique optimale. Même s’il reste du travail, la prise en compte est réelle de la part des collectivités. 

L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques devrait aider à compter sur un maximum d’équipements sportifs accessibles à cette date afin d’augmenter le nombre de pratiquants handisports.

La loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, prévoit que les dispositions architecturales des Établissements Recevant du Public (ERP) doivent être telles que ces locaux soient accessibles à tous, quel que soit le type de handicap notamment physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique. Les établissements sportifs couverts, ERP de type X et les salles polyvalentes à dominante sportive (ERP de type L), sont pleinement concernés par cette obligation d’accessibilité.

Si cette loi prévoyait que ces équipements soient tous accessibles en 2015, concernant les agendas d’accessibilité programmés, les gestionnaires d’équipements ont pu demander des dérogations entre 3 et 9 ans. Pour le Pôle Ressources National Sport et Handicaps (PRNSH), cela ne remet pas en cause la volonté de départ. Simplement, vu les contraintes budgétaires auxquelles elles doivent faire face, elles ont un peu plus de temps pour réaliser cette mise en conformité. Il faut dire que les ERP sont nombreux dans les communes. Si les équipements sportifs ne faisaient pas partie des priorités, ils ont été prévus dans un second temps et, désormais, les efforts sont très importants pour les rendre accessibles.

 

S’entourer de personnes compétentes

La participation des personnes handicapées aux activités physiques et sportives ne cesse de se développer. Elle ne peut cependant pas s’envisager si leurs conditions d’accessibilité aux lieux de pratiques sportives ne sont pas intégrées aux projets de création ou de rénovation d’équipements sportifs. Depuis 2006, tous les nouveaux équipements sont accessibles. Ainsi, les architectes connaissent plutôt bien les problématiques. Mais il arrive qu’ils contactent le PRNSH pour des questions précisent selon les problèmes rencontrés sur certains projets. Les collectivités le sollicitent aussi, mais davantage pour des questions liées à des événements ponctuels. Par exemple, la mise en place de vestiaires temporaires pour l’accueil d’une compétition handisport. De plus, le PRNSH a mis en place un groupe de travail national chargé de travailler spécifiquement sur l’accessibilité des gymnases qui a abouti à la publication du recueil d’accessibilité des gymnases qui donne un maximum d’informations pour aider les collectivités.

Par ailleurs, dans la phase de conception ou de réhabilitation d’un équipement sportif, il est recommandé de consulter les associations concernées, qui pourront aider et conseiller les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre sur les aménagements et services à mettre en oeuvre pour favoriser l’accueil du public en situation de handicap. Concernant les installations existantes, des visites de tests d’accessibilité (ex : test de la signalétique) avec différents groupes de personnes handicapées peuvent permettre de mieux percevoir les aménagements nécessaires et de prendre les mesures adéquates afin de renforcer l’accueil des personnes handicapées.

Si les équipements sportifs ne faisaient pas partie des priorités, ils ont été prévus dans un second temps et, désormais, les efforts sont très importants pour les rendre accessibles.

 

Stationnement et accès

Tout parc de stationnement automobile intérieur ou extérieur dépendant d’un établissement recevant du public doit comporter une ou plusieurs places de stationnement adaptées pour les personnes handicapées et réservées à leur usage. Ces places adaptées sont localisées à proximité de l’entrée, du hall d’accueil ou de l’ascenseur et reliées à ceux-ci par un cheminement accessible. Les places adaptées destinées à l’usage du public doivent représenter au minimum 2 % du nombre total de places prévues pour le public. La largeur minimale d’une place de stationnement doit être de 3,30 m et 6,50 m de longueur (5 m de longueur standard et 1,50 m de dégagement). Néanmoins, au niveau des gymnases, concernant la largeur, il est conseillée de la porter à 3,50 m afin de laisser un passage d’un mètre sur un côté du véhicule favorisant ainsi la circulation sans difficulté d’une personne avec un fauteuil roulant « sport ».

Un cheminement accessible doit permettre à une personne ayant une déficience visuelle ou auditive, mais aussi à une personne ayant une déficience motrice, de se localiser, s’orienter et atteindre le bâtiment sans difficulté.

 

Signalétique : favoriser les couleurs

Au sein du bâtiment, les éléments d’information et de signalisation doivent être visibles et lisibles par tous les usagers, mais également compréhensibles notamment par les personnes atteintes de déficience mentale. Il faut bien avoir en tête qu’il n’y a pas que des personnes en fauteuil. Seules les informations fournies de façon permanente aux usagers sont concernées. Afin de permettre à tous les usagers du gymnase de pouvoir visualiser les panneaux de signalétique, il est recommandé de placer les panneaux afin que les informations soient situées à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,40 m. De plus, dans l’équipement, la mise en place d’un code couleurs et/ou de formes géométriques, peut permettre d’identifier un espace, une zone ou un étage de l’équipement. De manière générale, il est essentiel d’éviter les espaces dépourvus de signalétique, ou comportant trop d’informations, mais également d’utiliser l’écriture en italique et les pictogrammes ou images qui nécessitent d’apprendre leur signification.

En outre, la largeur minimale des cheminements fixée par la réglementation à 1,40 m peut présenter des difficultés, notamment de croisement, pour les personnes handicapées circulant en fauteuil roulant « sport ». Selon la configuration de l’équipement, la largeur pourra donc utilement être portée à une largeur supérieure.

 

Les vestiaires

Une bonne utilisation des contrastes de couleurs permet, par exemple, aux personnes malvoyantes de mieux percevoir l’emplacement d’une porte dans la paroi support.

Au sein des vestiaires d’un gymnase, une table d’habillage, d’une largeur de 0,80 m minimum et d’une hauteur de 0,50 m maximum, peut être installée afin de permettre aux personnes à mobilité réduite de se transférer et de se changer plus facilement en position allongée. Lorsque des casiers pour ranger des affaires sont mis à disposition dans les vestiaires, il est recommandé qu’ils soient de couleur contrastée par rapport à leur environnement, et repérables par les personnes mal ou non-voyantes, au moyen d’un marquage (souvent un numéro) en braille et en relief. Les cabines et les douches doivent être installées au même emplacement que les autres cabines ou douches lorsque celle-ci sont regroupées. La hauteur d’assises des équipements doit être comprise entre 0,45 et 0,50 m. Les barres d’appui doivent comporter une partie horizontale positionnée entre 0,70 et 0,80 m de hauteur.

 

Les caractéristiques du sol sportif

Le revêtement du sol sportif doit être suffisamment résistant pour permettre aux personnes handicapées de pratiquer des activités physiques et sportives en fauteuil roulant sur l’aire de jeu sans endommager le revêtement, conformément à la norme NF EN 14904. De plus, afin de permettre aux sportifs malvoyants de distinguer le sol sportif de ses abords, il est recommandé que le revêtement de sol le long de l’aire de jeu soit contrasté visuellement par rapport au sol de l’aire de jeu. De plus, il est important que le mobilier disposé le long de l’aire de jeu, et situé en dehors des dégagements de sécurité prévus par les fédérations sportives (bancs de touche, chaise d’arbitre, table de marquage…), soit fortement contrasté par son environnement. Il ne doit pas non plus posséder d’angles vifs.

 

Les tribunes et les espaces annexes

Concernant les tribunes, dans les enceintes sportives, il est important de veiller au choix des emplacements réservés aux spectateurs en fauteuil roulant afin de les éloigner des éventuels mouvements de foule, et de leur permettre aussi de visualiser l’aire de jeu même lorsque le public est debout. Il est recommandé qu’à côté des places réservées aux personnes en fauteuil roulant soient installées des places assises pour les accompagnateurs. Le nombre d’emplacements accessibles est d’au moins 2 jusqu’à 50 places et d’un emplacement supplémentaire par tranche de 50 places en plus. Au-delà de 1 000 places, le nombre, qui ne peut être inférieur à 20, est fixé par arrêté municipal.

De manière générale, les espaces annexes ouverts au public (infirmerie, local anti-dopage, club-house,…) doivent être accessibles aux personnes en situation de handicap dans le respect des dispositions réglementaires. Par exemple, pour que les personnes en fauteuil puissent accéder au matériel sportif, et ainsi de pouvoir installer celui-ci de manière autonome. Pour le PRNSH, c’est encore loin d’être le cas dans tous les gymnases. Les cheminements dans le local doivent être libres de tout obstacle. Le matériel doit être placé dans des espaces de rangement situés entre 0,90 et 1,30 m de hauteur maximum et les poteaux de jeu (tennis, badminton,…) doivent être placés horizontalement.

 

La problématique des sports collectifs

Si la problématique de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap est désormais prise en compte et les équipements de plus en plus accessibles, des problèmes persistent toujours, notamment concernant les sports collectifs. En effet, il existe très peu d’installations prévues pour accueillir deux équipes de basket-ball ou de handball par exemple, et encore moins des tournois pouvant compter une quarantaine de personnes en fauteuil. Pour cela, il faut des voies de circulations plus larges, des vestiaires plus grands, plusieurs douches adaptées… Il faut arriver à appréhender cette difficulté et faire en sorte que plusieurs équipements, neufs ou réhabilités, puissent accueillir des groupes en même temps.

L’une des principales problématiques concerne l’accueil des équipes de sport collectif dans les gymnases, car il est nécessaire que celui-ci dispose d’espaces spécifiques.

 

Former et informer

Une fois la structure sportive mise aux normes, il est préconisé au personnel des établissements, des associations et des sociétés sportives (agents d’accueil, enseignants, bénévoles,…) de suivre des formations complémentaires pour l’accueil des personnes handicapées ou l’encadrement et l’enseignement des activités physiques et sportives auprès du public en situation de handicap. De plus, lorsque dans un équipement sportif, des aménagements particuliers en faveur des personnes handicapées ont été réalisés, il est important de le faire savoir aux utilisateurs concernés. C’est pourquoi, il faut communiquer sur l’accessibilité des équipements et des manifestations sportives à travers un site internet, des brochures, des articles dans les journaux,…

 

Les jeux paralympiques 2024 : un accélérateur ?

En 2024, La France va accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques et la volonté du Gouvernement est de faire de cet événement une vitrine du sport en France. Les lieux de pratique doivent être performants, c’est donc une très belle opportunité de faire avancer les choses. En effet, l’objectif est de pouvoir compter sur un maximum d’équipements sportifs accessibles à cette date afin d’augmenter le nombre de pratiquants handisports.

 

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Accessibilité dans les gymnases : quels critères et quels résultats ?

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