Dans quelques semaines, la France va accueillir la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, du 7 juin au 7 juillet. Les derniers préparatifs sont en cours, notamment concernant les stades et les terrains d’entraînement.

Dès 2014, la Fédération Française de Football (FFF) a réalisé une pré-sélection des stades en préparant sa candidature : 11 avaient été sélectionnés, selon leur capacité, leur typologie (accueil médias, vestiaires…), leur localisation et l’appétence de la ville hôte pour le football féminin. Une fois la candidature de la France retenue pour organiser l’événement, le comité d’organisation local, émanant de la FFF, s’est déplacé une nouvelle fois dans les 11 villes afin d’échanger avec les responsables sur la stratégie de territoire et pour affiner les critères de choix des stades. Les 9 villes, avec les stades (voir encadré), ont été retenues en juin 2017, deux ans avant la compétition. A quelques semaines du début, le comité d’organisation local, composé d’environ 150 personnes et disposant d’un budget de 65 millions d’euros pour organiser cette première Coupe du monde féminine organisée sur le territoire français, est dans la dernière ligne droite des préparatifs. Parmi ses priorités, la bonne gestion des pelouses, dont le coût du suivi représente plusieurs centaines de milliers d’euros.

La préparation des 9 stades…
S’il y a un acteur indispensable au bon déroulement d’un match de football, outre les joueuses et les arbitres, c’est bien le terrain qui accueille la rencontre ! Utilisé chaque semaine par les clubs, son entretien est primordial. Mais lorsqu’il s’agit d’une Coupe du Monde, les exigences sont encore plus élevées. À l’occasion des différentes visites de sites, la FIFA et le Comité d’Organisation de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™ ont apporté une attention toute particulière à l’état des futurs terrains de jeu. “A l’occasion d’un tel événement, si tout est de qualité sauf les pelouses, c’est un échec car c’est un élément essentiel, notamment pour la qualité du spectacle. Il faut bien avoir en tête que l’audience attendue est d’environ 1 milliard de téléspectateurs” insiste Bertrand Paquette, directeur du tournoi. Les organisateurs sont plutôt confiants car tout a été préparé depuis de nombreux mois pour que les pelouses soient de qualité, à l’image de celle de l’Allianz Riviera de Nice : “en juillet 2018, nous avons posé une nouvelle pelouse hybride Mixto et avons renforcé le système de luminothérapie, qui était de toute façon prévu. Par la suite, la pelouse a été suivie de manière classique, à la fois par notre prestataire (la société Parcs et Sports) et notre société de conseil, I Turf Management, qui est également celle de la FIFA, ce qui facilite les échanges. Des visites sont organisées tous les trimestres depuis un an et demi, mais il n’y a pas de profondes modifications dans l’entretien quotidien de la pelouse, gérée par deux techniciens et un responsable (mutualisé avec le centre d’entraînement de l’OGC Nice). Il faut dire que toute l’année, nous nous devons d’avoir une pelouse de qualité pour accueillir les matchs de Ligue 1 dans les meilleures conditions possibles. Aussi, entre la fin du championnat, le 25 mai, et le premier match que nous allons accueillir, le 9 juin, il n’y a pas d’opérations spécifiques de prévu car l’entretien régulier et en profondeur effectué toute l’année nous permet de finir la saison de Ligue 1 avec une pelouse en excellent état. Durant la compétition, les 8 agents présents lors des matchs de Ligue 1 seront présents lors des rencontres et le même entretien réalisé tout au long de l’année sera effectué entre deux matchs : inspection de la pelouse, tonte, arrosage…” précise Patrick Florence, directeur général de Nice Eco Stadium, société d’exploitation de l’Allianz Riviera.

Par ailleurs, les techniciens des clubs résidents et des exploitants des stades profitent également de la Coupe du Monde pour développer de nouvelles techniques d’entretien et améliorer la qualité de leurs pelouses, 100 % naturelles pour certains, hybrides pour d’autres. “Lors des séminaires organisés avec eux, ils ont pu apprendre certaines techniques ou voir du matériel qu’ils ne connaissaient pas. L’héritage du savoir-faire est vraiment l’un des objectifs de l’organisation de cette compétition internationale. Durant plusieurs mois, les agents sur place ont pu bénéficier de l’expertise de la société spécialisée. Ce fut un vrai travail collectif, avec de nombreux échanges car ce sont eux qui connaissent le mieux les contraintes de leur pelouse. L’expérience a donc été enrichissante pour tout le monde” ajoute Bertrand Paquette.

… et des 37 terrains d’entraînement
Afin d’accueillir les délégations avant les matchs, il était nécessaire de sélectionner des duos “lieux d’hébergement-terrains d’entraînement” de qualité et à moins de 30 minutes l’un de l’autre. L’objectif était d’obtenir quatre sites à proximité des neuf villes retenues.

Les 37 terrains d’entraînement sélectionnés, répartis sur l’ensemble du territoire, joueront un rôle majeur lors de la compétition. Ce sont eux qui permettront aux équipes et aux arbitres une préparation optimale. Au même titre que les jardiniers des villes hôtes du Mondial, ceux des 37 sites ont participé à un séminaire afin d’acquérir les dernières techniques d’entretien et de maintenance. Ils étaient une soixantaine à Clairefontaine, le Centre national du Football, les 25 et 26 février dernier. Trois critères sont constamment évalués puisqu’ils déterminent la qualité des pelouses : la température du sol (entre 10 et 15 degrés), le taux d’humidité et la profondeur des racines (entre 6 et 10 cm). Pour cette première étape, charge aux jardiniers de contrôler l’arrosage et la ventilation, mais aussi l’exposition lumineuse et l’approvisionnement en engrais. Ensuite, ils devront s’assurer de la dureté du sol et de sa résistance rotationnelle. Cette dernière étape est d’une importance capitale pour les joueuses qui peuvent se blesser, faute de sol trop ou pas assez souple. Lounis Amedjkouh, directeur des sports de Gennevilliers, précise les travaux réalisés sur le terrain Louis Boury, l’un des 37 retenus par les organisateurs : “Il a fallu décaler la dimension du terrain de 3 m sur la largeur et donc en faire de même pour les bancs de touche. Concernant la préparation de la pelouse, le cahier des charges est très précis. Nous allons réaliser plusieurs opérations en régie : aération, épandage anti-mousse, traçage du terrain aux dimensions FIFA… En complément, la société Soldrain va se charger des opérations que nous ne pouvons pas assurer, par manque de matériels : carottage et décompactage profonds, top dressing… De plus, les journées de formation ont été bénéfiques pour les deux agents et le responsable du site qui vont se charger de l’entretien de la pelouse durant la compétition. Cette dernière n’est plus utilisée par le club depuis fin janvier afin d’être préservée (les matchs ont été délocalisés sur un autre terrain de la Ville). Elle devrait être utilisée du 27 mai au 30 juin par deux équipes lors du premier tour et une autre dans le cadre des 8e de finale. Participer à un tel événement crée une vraie dynamique au sein du service et le savoir-faire appris nous sera bénéfique pour améliorer la gestion de nos pelouses à l’avenir ”.

Outre la partie purement technique, les organisateurs de la Coupe du Monde insistent également sur l’importance de la communication entre les jardiniers et les équipes qui utiliseront leurs terrains.

Nous espérons qu’à l’issue du Mondial, l’ensemble des jardiniers aient acquis de nouveaux savoir-faire et que les clubs comme les collectivités profitent de ces aménagements dans le futur” conclut Bertrand Paquette.

De nombreuses animations en parallèle de l’événement
Accueillir un événement comme la Coupe du Monde féminine de football n’est pas anodin, même pour une Ville comme Nice qui, durant de nombreuses années avant la construction de l’Allianz Riviera, ne pouvait pas prétendre à recevoir ce type de compétition. Depuis, elle a accueilli 4 matchs de l’Euro 2016 de football et va recevoir 6 rencontres féminines l’été prochain. Bien évidemment, le gestionnaire de l’enceinte sportive s’est rapproché de la Ville pour réaliser des actions de promotions de l’événement, notamment lors des matchs de l’OGC Nice, mais aussi des animations dans la ville. De son côté aussi, Gennevilliers a souhaité profiter de l’organisation pour créer une véritable dynamique, comme l’explique Lounis Amedjkouh : “l’un des axes prioritaires de la politique sportive est le développement de la pratique féminine, c’était donc une occasion à ne pas rater. Nous travaillons en collaboration avec différents services de la Ville (jeunesse, culture…), mais également avec les scolaires. Par exemple, des présentations seront réalisées sur les pays des équipes accueillies. Nous allons également créer une mini fan-zones itinérante sur les six quartiers qui se déplacera les mercredi et samedi après-midi pour créer des animations autour du football, faire découvrir les pays…”.

Les 9 villes qui vont accueillir la compétition :
Grenoble – Stade des Alpes : 20 068 places
Le Havre – Stade Océane : 25 278 places
Lyon – Parc OL : 58 215 places
Montpellier – Stade de la Mosson : 27 310 places
Nice – Allianz Riviera : 36 178 places
Paris – Parc des Princes : 48 583 places
Reims – Stade Auguste-Delaune : 21 608 places
Rennes – Roazhon Park : 29 820
Valenciennes – Stade du Hainaut : 25 172 places.

Coupe du Monde féminine de football : quelle préparation pour les pelouses ?

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