La période actuelle est très particulière et entraîne des situations jamais vues, quels que soient les secteurs. Concernant les terrains de sports, la gestion de l’entretien est inévitablement modifiée. Toutefois, pour les pelouses des clubs amateurs, cette période de repos, avec un délai plus important pour effectuer les opérations mécaniques, devrait être bénéfique pour la future saison.

 

 

Dès le début du confinement, la question de l’entretien des terrains s’est posée au sein des collectivités, pour savoir si c’était réellement prioritaire. “Après concertation avec les responsables du service des sports et de la direction générale des services, nous avons décidé de continuer :
c’était du bon sens de poursuivre car le gazon est un être vivant et il continue de pousser. L’absence d’entretien régulier pouvait entraîner des dégâts sur nos machines lors de la reprise. De plus, cette interruption aurait affecté tout le travail entrepris ces dernières années pour obtenir des terrains de qualité”
argumente Sébastien Teissier, en charge de la partie technique au service des sports d’Alès Agglomération. Même constat du côté de la Ville de Dinard, avec Franck Georges, le responsable des stades : “depuis le début, sachant que le confinement allait durer plus que les 15 jours initialement prévus, nous avons mis en place un service minimum pour continuer l’entretien des terrains engazonnés de la Ville : les 4 agents du service étant volontaires, ils travaillent entre une et deux demi-journées par semaine en respectant les règles sanitaires”.

La gestion des opérations courantes
Bien évidemment, la première opération incontournable qu’il faut continuer est la tonte des terrains, même si certains ajustements sont possibles. “Sachant que les terrains ne serviront pas jusqu’à la reprise des clubs au cours du mois d’août, nous avons remonté légèrement la hauteur de tonte de 30 à 35 mm voire 40 mm, avec une fréquence d’une tonte par semaine au début du confinement et aujourd’hui de deux tontes hebdomadaires en ce mois d’avril” indique Franck Georges.

Au niveau de la fertilisation, il faut continuer les apports selon les objectifs souhaités pour chaque terrain. “Toutefois, il est préférable, dans la mesure du possible, de réduire les apports d’azote afin de fortifier la plante tout en limitant la pousse pour ne pas avoir à multiplier les tontes” précise Maxime Giraud, responsable des terrains professionnels de la société Parcs et Sports. Chaque collectivité doit donc adapter son programme de fertilisation afin que le terrain soit dense et avec une belle couleur verte, pour l’aspect esthétique, lors de la reprise des matchs en septembre prochain. “Puisque les terrains ne sont pas utilisés en ce moment, nous avons retardé un maximum le premier apport d’engrais (environ 200 kg/terrain d’un engrais 20-5-10) : ils ont été réalisés durant la deuxième et troisième semaine d’avril. Nous verrons pour les autres apports au cours de l’année selon les conditions de jeu à venir” déclare le responsable des stades de Dinard.

Par ailleurs, certaines régions sont déjà en manque d’eau, les opérations d’arrosage doivent se poursuivre. L’objectif est simplement d’apporter le minimum, juste ce dont la plante a besoin. “Il est essentiel de continuer car nous n’avons pas beaucoup de pluie en ce moment. Ce n’est pas toujours simple à gérer car nous ne possédons pas encore de système de gestion centralisée. C’est un projet et l’investissement sera peut-être accéléré suite à cette situation…” ajoute Sébastien Teissier.

Programmer les opérations d’intersaison dès que possible
Les championnats amateurs étant annulés, les terrains bénéficient d’une longue période de repos. Pour François Sliosberg, responsable pôle sport du Groupe Loiseleur, il faut l’optimiser pour effectuer les opérations mécaniques incontournables : “traditionnellement sur les terrains communaux, les travaux mécaniques importants sont réalisés durant la trêve estivale, non pas pour des raisons agronomiques ou climatiques, mais seulement car c’est la seule période où les terrains ne sont pas utilisés durant plusieurs semaines (entre
4 et 8 selon les situations). Or, au mois de juin ou début juillet, la chaleur est importante et ce n’est donc pas la meilleure époque pour effectuer ces opérations mécaniques. En effet, le gazon ne poussant pas au-dessus de 25° C, il faut donc arroser abondamment, avec un niveau important d’évapotranspiration. Ainsi, nous conseillons vivement aux collectivités de réaliser les opérations mécaniques “lourdes” (scalpage, défeutrage, décompaction, drainage…) en cette période printanière. Les compétitions des clubs amateurs ne vont pas reprendre ce qui laisse entre 4 et 5 mois sans que les terrains ne soient de nouveau utilisés. Par exemple, lorsqu’un drainage est effectué durant l’été, les traces des tranchées sont toujours visibles lors de la reprise des clubs. En le réalisant fin avril ou début mai, la pelouse sera en parfaite état. Nous avons contacté de nombreux clients et beaucoup ont accepté d’avancer ces opérations de maintenance. Nous avons plus de temps et le travail sera plus efficace qu’en plein été”
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Une stratégie également adoptée par l’Agglomération d’Alès : “les autres années, nous devions réaliser de nombreuses opérations mécaniques dans un délai très court, l’équipe première de notre club de football reprenant l’entraînement le 14 juillet. Avec cette situation, nous avons donc le temps d’effectuer un entretien de qualité. Etant donné que nous réalisons un maximum d’opérations en régie depuis presque deux ans, nous pouvons donc les effectuer progressivement durant ce printemps. Bien évidemment, nous mettons plus de temps mais l’importance c’est qu’elles soient faites tout en préservant la santé des agents” justifie Sébastien Teissier. La seule opération qui ne devrait pas être réalisée est le replaquage devant les cages car ces zones ne sont pas abîmées comme les autres années.

Par ailleurs, quand les collectivités n’effectuent pas ces opérations en régie, les entreprises spécialisées doivent s’organiser pour intervenir. “Nous contactons les collectivités pour établir le planning des opérations de régénération à effectuer durant les prochaines semaines. Avec les contraintes logistiques et les consignes qui évoluent souvent, ce n’est pas toujours simple” insiste Sébastien Cottat, responsable technique au sein du groupe Sparfel.

Quelles conséquences pour les terrains ?
La longue période de repos des terrains de niveau amateur devrait être très bénéfique, comme l’indique François Sliosberg : “le fait de continuer à entretenir régulièrement son terrain et d’effectuer ces opérations mécaniques lors de cette période va permettre d’obtenir un très bon gazon au moment de la reprise de la saison et durant l’automne. Si les conditions météorologiques ne sont pas excessives cet été (très fortes chaleurs ou fortes pluies), l’enracinement sera excellent et le gazon sera fortifié grâce aux engrais assimilés”. Franck George se veut également positif : “nous verrons à l’usage, mais je suis assez confiant pour que l’hiver prochain, nous ayons des terrains encore plus résistants que d’habitude”.

Dans cette période compliquée, voici une excellente nouvelle, toujours bonne à prendre.

Terrains engazonnés : les conseils pour une bonne reprise

Une réflexion au sujet de « Terrains engazonnés : les conseils pour une bonne reprise »

  • Après un hiver très pluvieux, une période seche a coincide avec les 2 mois de confinement et plusieurs communes ont laissé les terrains à l’abandon j’ai vu une hauteur de 40cm dans une ville de 9000 habitants avec forcément l’incompréhension totale du club
    Les conséquences sont graves pour la qualité du gazon en hiver on augmente le taux de matière de matière organique dans les 5 premiers centimètres et un phénomène d’éponge qui se crée en surface avec impossible de jouer en période de forte humidité
    Une saison compliquée qui s’annonce

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