Streetworkout, callisthénie, aires de fitness, terrains multisports, parcours de santé… Difficile pour les gestionnaires de l’espace public et les élus de s’y retrouver. Quels sont les objectifs individuels de ces équipements ? A quel(s) public(s) sont-ils réellement destinés ? Où les installer pour une efficacité optimale ? Autant de questions à se poser pour assurer la réussite des investissements à venir. Le point, discipline par discipline, avec l’Union Sport et Cycle.

Des collectivités ayant investi dans des équipements sportifs en accès libre flambant neufs, d’une grande qualité esthétique et sportive, se plaignent parfois d’un relatif manque d’intérêt suscité par la population. A qui la faute ? Aux fournisseurs ou aux fabricants ? C’est peu probable, sauf si leurs conseils en matière d’équipements et d’implantation sont erronés. Là, c’est autre chose. A la collectivité ? La plupart du temps, oui. Non par manque d’enthousiasme de leur part, loin de là, mais par manque de technicité et surtout d’informations concernant les équipements sportifs en accès libre. Le fitness et les activités de musculation au premier plan…


Aires de fitness extérieur

 

Objectif : selon les fabricants et les modèles proposés, les aires de fitness extérieur ont pour but de développer la musculature des pratiquants (haut et bas du corps), d’améliorer la souplesse (stretching) et le bien-être. Quelques minutes d’utilisation de chaque module suffisent pour atteindre ces objectifs. Travailler l’endurance avec ces équipements est plus limité, car il faut, sur le plan physiologique, environ 1h30 de vélo et 45 minutes de course à pied pour obtenir de bons résultats ‘cardio’. Alors en quelques minutes sur une machine… Parmi les différents modules disponibles (maximum 12 pour constituer une ‘aire’) : des barres de traction, des machines elliptiques, à vérins hydrauliques… Ou alors, des stations complètes, type ‘Out&Fit’ ou ‘Cross System’, représentant à elles seules une aire de fitness intégrale. Dans tous les cas, les mouvements exécutés sont très simples.

Qui : tous les individus au-delà de 14 ans et de plus d’1,40 m. Bref, tous les sportifs autonomes. L’âge minimal doit être mentionné sur des panneaux informatifs. Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des jeux pour enfants. Les clubs et les associations sportives apprécient également ce genre de structure pour organiser des séances d’entraînement collectives.

Où : l’emplacement est libre. Idéalement, une aire de fitness extérieur se situe à proximité de parcs, de jardins, mais aussi de complexes sportifs indoor (utilisés par les clubs ou les associations), afin de créer un ‘pool’ sportif complet. Par contre, inutile de ‘saupoudrer’ un agrès par-ci, par-là… Ça ne marche pas. Les machines doivent être regroupées.

Normes spécifiques : NF 16630 (coincement des doigts, âge minimal, fondations, exigences des matériaux…).


 

Appareils de fitness en mouvement

 

Objectif : distancées et placées ponctuellement, ces machines, généralement à charge guidée et/ou à poulie, incitent les passants à pratiquer une activité douce au gré de leur marche. C’est, en quelque sorte, une incitation à bouger qui anime un parcours intégralement pédestre.

Qui : les fabricants ont tendance à dire tous les curieux, les sédentaires et les séniors. Les sportifs intermédiaires et aguerris n’y trouveraient aucun intérêt.

Où : les espaces fréquentés par les marcheurs (cheminement au sein d’un parc, le long des chemins piétons…).

Normes spécifiques : NF 16630 (coincement des doigts, âge minimal, fondations, exigences des matériaux…).


 

Parcours de santé

 

Objectif : très à la mode dans les années 1980, les parcours de santé ont perdu progressivement de l’intérêt avant de revenir en force ces dernières années. Leur objectif est d’agrémenter un sentier pédestre de divers équipements sportifs et d’équilibre, généralement en bois et en harmonie avec le paysage : barres parallèle, échelle à grimper, poutre de ‘mobilité’… Les exercices se réalisent à poids de corps selon les recommandations données sur un écriteau (exécution, fréquence, temps de repos entre chaque série).

Qui : les familles, les joggers occasionnels qui souhaitent compléter leur pratique sportive d’exercices basiques empruntés à la musculation.

Où : dans un espace vert ou boisé fréquenté par de nombreux marcheurs et joggers.

Normes spécifiques : aucune.


 

Terrains multisports

 

Objectif : les terrains multisports permettent de pratiquer tout un panel de sports collectifs (football, volleyball, basketball…) sur un seul et unique espace. On passe d’une activité à une autre sans réorganiser le terrain. Ces structures sont récréatives.

Qui : principalement les adolescents, mais aussi les enfants et les jeunes adultes en quête d’un espace de jeu collectif et souvent frustrés de ne pas pouvoir fouler le gazon du stade municipal.

Où : de dimensions variables (24x 12 m en moyenne), les terrains multisports sont placés à proximité des complexes sportifs, des stades municipaux, des aires de jeux, des écoles… Mais le choix du lieu d’implantation dépend de l’utilisation que la commune souhaite en faire (proche d’une école si l’utilisation du terrain multisports est réservée aux scolaires), au centre d’un quartier (pour améliorer le bien-être social), dans un espace plus à l’écart des habitations (si la commune souhaite préserver la tranquillité du voisinage), ou encore à proximité des complexes sportifs communaux (si la municipalité souhaite centraliser l’ensemble des activités de sports et de loisirs).

Normes spécifiques : NF EN 15 312, qui prévoit notamment l’intégrité structurelle et la stabilité des équipements, la résistance des enceintes aux impacts des ballons et des coups de pieds, la non incitation à la grimpe au-delà d’un mètre de haut, la couverture des goujons filetés, l’aspect lisse des soudures, une entrée et une sortie accessible aux PMR, un espace libre de 60 cm en haut de l’anneau de basket-ball, aucun filet en haut des buts, le réglage de la hauteur du panneau de basket-ball (entre 2,6 et 3,05 m) réservé uniquement à une personne autorisée.


 

Streetworkout (Callisthénie)

Objectif : discipline physique intense, combinant exercices de musculation à poids de corps et/ou figures aériennes (on parle de ‘callisthénie’), une aire de streetworkout permet de développer l’hypertrophie musculaire, la force, la puissance et la souplesse sur des exercices acrobatiques. Equipements incontournables : les barres de traction de différentes hauteurs (une aire de streetworkout ne peut se dispenser de ces agrès), parfois organisées en ‘cages’ d’acier galvanisé et d’inox, les barres parallèles, les barres basses de ‘push-ups’ (réalisation des pompes), les échelles horizontales…

Qui : essentiellement les sportifs aguerris de plus de 14 ans et adeptes de la musculation, notamment les jeunes qui apprécient particulièrement cette discipline devenue très tendance. Les PMR ‘sportifs’ sont aussi conviés à cette pratique. Aujourd’hui, des ‘team’ s’organisent pour s’entraîner ensemble ou en ‘battle’ (compétition). Ces évènements sont très appréciés et regardés par les jeunes générations. 

Où : le terrain de streetworkout peut être aménagé partout : dans un parc ou un jardin public, à côté d’une aire de jeux, d’un terrain multisports, près d’un établissement scolaire ou d’une entreprise, aux pieds d’un immeuble, dans des quartiers en manque de ‘dynamisme’, où le sport est une échappatoire physique et morale… Cependant, il faut un espace suffisant, entre 50 et 70 m2 minimum pour une aire complète, moins en présence d’équipements plus simples.

Normes spécifiques : NF 16630 (coincement des doigts, âge minimal, fondations, exigences des matériaux…).

 

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Équipements sportifs en accès libre : pour qui, pour quoi ?

Une réflexion au sujet de « Équipements sportifs en accès libre : pour qui, pour quoi ? »

  • Les équipements sont très coûteux et leur installation demande des compétences précises. Pour permettre aux personnes de se maintenir en bonne forme et les encourager à pratiquer des activités sportives alors je trouve cette solution accès libre aux équipements sportifs complètement bonne. La grande question est alors de se demander si la commune a un budget conséquent pour faire face à une telle dépense.

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