Avant l’installation ou la rénovation d’un système d’arrosage automatique, une étude, généralement réalisée par des bureaux spécialisés, est nécessaire pour répondre au plus près des besoins (temps d’arrosage précis, homogénéité des apports…), gérer la ressource en eau avec précision et définir un ‘coût global’ optimal (consommation et maintenance), gage d’économies à moyen et long termes.

L’évaluation précise d’un certain nombre de paramètres techniques (débit, pression dynamique, couverture pluviométrique, connaissance des surfaces à arroser, dimensionnement des installations, qualité agronomique des sols…) conditionne la réussite d’un système d’arrosage automatique. Car l’installation d’une série d’asperseurs ne s’improvise pas sans un minimum de connaissances requises, à corréler entre elles. “Imaginez un stade situé à Strasbourg de nature identique à celui observé à Perpignan. Connaître les sols de vos surfaces sportives ne suffit pas, il faut notamment recueillir des données climatiques, comme par exemple la force du vent, différente d’un site à un autre, les besoins des utilisateurs…” indique Laurent Mignonneau, responsable prescriptions chez Hunter industries.

C’est tout l’intérêt de réaliser une étude d’arrosage, confiée généralement à un bureau étude spécialisé, qui recense tous les paramètres spécifiques du site à arroser (agronomiques, météorologiques, contraintes techniques et physiques…), déterminants dans la composition d’un système d’arrosage. “A travers nos compétences, nous allons apporter de la technologie à un projet, que n’a pas forcément un maître d’ouvrage qui décide de se lancer dans un projet de construction ou de rénovation d’un système d’arrosage. En effet, dans une collectivité, il est rare d’avoir un spécialiste en la matière. Et contrairement aux installateurs qui vont vanter une solution technique qu’ils connaissent mais qui n’est pas forcément adaptée aux besoins du client et du site à arroser, nous allons proposer ‘la’ solution, la meilleure qui soit, tant sur la plan technique qu’économique. De plus, nous sommes indépendants des fabricants, distributeurs et installateurs” indique Yves Kerambrun, directeur du bureau d’études K’Consult. “Nous sommes là aussi pour accompagner les collectivités dans le montage des appels d’offres, pour que les entreprises répondent à des besoins précis. D’où l’intérêt d’une étude d’arrosage, qui se constitue d’un plan DCE (Dossier de Consultation des Entreprises), d’un BQ (Bordereau Quantitatif) des différents équipements à installer par poste et d’un CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) qui encadre les méthodologies de mise en œuvre” indique Michael Laliot, du bureau d’études Agua.
Avec une étude d’arrosage, on ne peut que réussir l’irrigation des gazons sportifs (stades, golfs, hippodromes…).

L’étude, en détail
La réalisation d’une étude d’arrosage comporte plusieurs étapes. “Lorsqu’on me confie un projet, je commence par rédiger un avant-projet sommaire (AVP). C’est une estimation. Je donne des orientations, par exemple privilégier les eaux de forage. Je fournis également quelques croquis et schémas pour étayer les différentes solutions proposées à la collectivité” indique Frédéric Depalle, gérant du bureau d’études Arrogest.
Deuxième étape (PRO) : la rédaction de la partie ‘projet’, correspondant à l’étude technique en tant que telle. Elle donne un quantitatif de toutes les installations (nombre d’arroseurs, de vannes, de programmateurs…) avec un plan d’implantation précis, réalisé généralement sur Autocad. Tous les paramètres qui distinguent le site à arroser sont pris en compte : pente, texture du sol… Cette étape s’accompagne d’un estimatif financier et généralement d’une note technique explicative.
Vient ensuite la partie DCE (Dossier de Consultation des Entreprises). “Elle contient les pièces techniques finalisées de la partie ‘projet’, avec en plus un descriptif précis des matériels et leurs conditions de mise en œuvre (CCTP). Ce document, accompagné d’un Bordereau Quantitatif (BQ) et d’un plan, constitue l’essentiel des pièces d’un dossier d’appel d’offres” indique Michael Laliot.

Après l’étude, la mise en œuvre
Le bureau d’étude peut aussi accompagner le maître d’ouvrage dans une mission de maîtrise d’œuvre pour le suivi du chantier. En commençant par l’Assistance pour la passation des Contrats de Travaux (ACT), avec l’ouverture des plis et l’analyse des candidatures. Puis vient la Phase exécution (EXE), durant laquelle le maître d’œuvre analyse et attribue les visas sur les plans et les fiches produits. Bien souvent, les plans d’exécution correspondent à ceux de l’appel d’offres, à ceci près que des modifications peuvent être opérées lors de la préparation des travaux (découverte d’un réseau non mentionné sur les plans, modification de projet…).
Enfin, lors du chantier, le maître d’œuvre réalise la Direction de l’Exécution des Travaux (DET) : visites de terrain et vérification de la conformité des ouvrages (creusement des tranchées, mise en place des canalisations, des fourreaux, des électrovannes, des arroseurs, du sablon… Le maître d’œuvre termine sa mission par la réception des travaux, analyses du DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) et des plans de récolement. C’est la phase AOR (Assistance apportée au maître de l’ouvrage lors des opérations de réception).

Une question de coût
Un système d’arrosage bien conçu, fruit d’une étude bien menée, est plus onéreux qu’une installation ‘light’ (low cost). C’est évident” confirme Michael Laliot. En moyenne, le coût d’une étude d’arrosage et du suivi sur le terrain représente environ 7 à 14 % du montant total du chantier (loi MOP).
Quid des économies générées à moyen et long terme ? “Les gestionnaires oublient trop souvent la notion de coût global d’une installation. Certes, elle est plus onéreuse au départ, car plus complète, mais c’est un investissement judicieux pour diminuer les consommations d’eau et les frais de maintenance ultérieurs, qui eux s’avèrent réellement coûteux dans le temps” insiste le gérant d’Agua. Yves Kerambrun donne un exemple concret : “un installateur peut chiffrer un projet à 1,5 million d’euros. En sollicitant l’expertise d’un bureau d’études (coût : entre 50 000 et 100 000 euros pour ce montant), ce chiffre peut être revu à la baisse, disons 1,2 million d’euros, pour la bonne et simple raison que les solutions apportées sont fonctionnelles (respect des normes des terrains, des contraintes des jardiniers…), adaptées aux besoins (possibilité d’arroser tout un terrain pendant la mi-temps par exemple) et économes. Alors ? Qui est le moins cher ?”. Les collectivités doivent en être conscientes. Mais trop souvent, il y a un manque de concertation entre les services d’achat travaux neufs et les services d’exploitation des installations (frais de fonctionnement et maintenance). “Du coup, on a d’un côté un service qui cherche à dépenser le moins possible (achat), et de l’autre, un service qui cherche à minimiser les interventions (coût d’exploitation). Or, ce dernier hérite parfois d’une installation qui s’avère plus onéreuse en entretien. Je crois qu’il faut, pour réaliser des économies, une meilleure concertation des différents services, sans oublier, bien évidemment, de réaliser une étude d’arrosage avant tout projet, qui pointe d’ailleurs tout dysfonctionnement technique ou organisationnel” ajoute Michael Laliot.
Pour les plus sceptiques quant à l’intérêt d’une étude d’arrosage, il faut savoir qu’un système d’arrosage automatique, installé dans les règles de l’art, permet d’économiser 20 à 30 % d’eau, tout en assurant une répartition homogène des apports hydriques. N’oublions pas aussi qu’une programmation mal réglée, défaillante, générant des consommations excessives en eau, représente un surcoût de 20 à 50 %… “Mais dès qu’on parle d’économie, de productivité, de rendement… notre discours, pourtant technique, est écouté. Je crois aussi que les services ne sont pas assez formés au métier de l’arrosage” avoue Michael Laliot. Alors autant céder la place aux professionnels, dont les études sont la garantie d’espaces verts bien arrosés… sans ruiner les communes !

 

 

Etude d’arrosage : économie, performance et précision

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