La période est charnière : après la saison estivale mais avant l’hiver
la fertilisation d’automne est indispensable. Objectifs : relancer la croissance du gazon afin de supporter la reprise du jeu, puis favoriser la mise en réserve des nutriments pendant que les températures sont encore inférieures à 10 °C. Le gazon ne sera que plus résistant.

Les gazons, qui plus est sportifs, ont des besoins spécifiques en eau, carbone et éléments minéraux. Provenant des précipitations naturelles et d’un maillage précis d’asperseurs pour combler les déficits, l’eau est acheminée de manière diffuse jusqu’aux racines. Quant au carbone, présent dans l’air, il assure le déroulement du processus photosynthétique et la formation, en partie, de sucres (hydrates de carbone). D’ailleurs, 90 % des limbes et des racines du gazon sont constitués d’eau et de sucres. En ce qui concerne les minéraux (N, P, K, Mg, Ca…), intervenant dans la génèse de nombreux processus biologiques (immunité, production d’enzymes, d’hormones…), les apports naturels ne sont pas suffisants, du moins pour les surfaces dites sportives, très exigeantes. C’est pourquoi, il est conseillé de réaliser une analyse de sol et un bilan agronomique complet afin de déterminer raisonnablement les besoins du gazon, sous réserve, par la suite, de l’utilisation et l’épandage d’engrais de qualité, peu importe leur typologie (dosage adéquat, granulométrie homogène, forme soluble, liquide, organique, à libération lente, enrobés, biostimulants…). Cette connaissance précise de la richesse nutritive du sol ou du substrat en place permet d’apporter la juste quantité d’éléments nutritifs, y compris en automne, période durant laquelle le gazon consomme encore jusqu’à 1 unité d’azote/jour.

Deux grandes périodes
Prenons deux exemples. Premièrement, un stade engazonné très fréquenté, caractérisé par un sol sableux à faible CEC (substrat élaboré), un bon niveau de réserves en acide phosphorique et une fertilité générale jugée plutôt médiocre. En septembre, en lien avec les analyses de sol, 300 kg/ha d’engrais organique de synthèse ou d’enrobé sont épandus, à raison de 60 unités d’azote, 15 de phosphore et 30 de potassium. Fin octobre/début novembre, nouvelle opération. Environ 300 kg/ha d’engrais de synthèse sont apportés, à raison cette fois-ci de 42 unités d’azote, 0 de phosphore et 57 de potassium. Deuxième exemple, un terrain d’honneur, doté d’une bonne CEC et d’un taux d’humus acceptable. Si, en septembre, 300 kg/ha d’enrobé sont épandus, à raison de 45 unités d’azote, 30 de phosphore et 45 de potassium, 400 kg/ha d’engrais organique ou de synthèse sont apportés en novembre dans les proportions suivantes : 40 unités d’azote, 20 de phosphore et 80 de potassium. Point commun ? Que les professionnels aient à gérer un terrain amateur ou professionnel, la fertilisation d’automne concerne toujours deux grandes périodes. Début septembre, afin de relancer la croissance du gazon et supporter la reprise du jeu, puis fin d’automne/début d’hiver, pour favoriser la mise en réserve des nutriments. Attention cependant, durant cette deuxième période de fertilisation, à ce que les apports d’engrais soient réalisés lorsque la température du sol est inférieure à 10 °C, car si la croissance foliaire est objectivement ralentie, les racines sont toujours actives et permettent d’emmagasiner de grandes quantités de nutriments, favorables à une bonne reprise au printemps suivant. D’autant plus que le gazon ne trouvera pas d’autres sources d’azote dans le sol que l’engrais apporté, car les bactéries qui pourraient transformer de l’azote organique en azote assimilable sont inactives du fait des températures hivernales. Par ailleurs, la potasse issue des engrais est tout aussi déterminante ; cet élément va permettre au gazon de résister aux différents stress auxquels le gazon sera confronté durant l’hiver, à condition de l’apporter sous la forme sulfate, ou tout du moins en évitant les formes chlorures. Autre point de vigilance : ne pas fertiliser trop tard, au risque de voir redémarrer le gazon sur les réserves qu’il aura déjà commencé à faire. Il sera ‘dévitalisé’ au printemps suivant et aura du mal à reprendre de la vigueur.

Au plus près du calendrier
Si la période, voire la semaine, durant laquelle la fertilisation d’automne doit avoir lieu est fixée à l’avance, le choix du jour-J est plus délicat. En cause : le calendrier des matchs, des championnats, des entraînements et des opérations mécaniques, qui ne donnent pas toujours une plage journalière suffisante pour intercaler des apports d’engrais. De toute évidence, à partir du moment où une blessure peut être occasionnée au niveau des feuilles ou du collet, le gestionnaire doit attendre 2 à 3 jours avant de fertiliser, le temps que la cicatrisation se réalise, sauf en utilisant certains engrais (avec ceux-ci, il est même recommandé de fertiliser dès que la blessure est occasionnée pour favoriser une cicatrisation rapide). Cependant, il est possible de fertiliser juste après une aération (carottage avec des louchets ou décompactage à broches) et avant un match si l’engrais possède un indice de salinité très bas.

Dans tous les cas, il faut éviter des apports trop importants en azote, disons 50 à 70 unités d’azote ‘rapide’, au risque de brûler les limbes et d’emballer la croissance du gazon, ce qui n’est pas souhaité en automne. Attention aussi à vérifier l’indice de salinité des engrais. Côté phosphore, étant donné que cet élément n’est pas lessivable, autant l’apporter sous forme assimilable (MAP ou DAP). Par ailleurs, ne pas oublier la potasse, mais également le magnésium et le fer, deux éléments cruciaux à l’automne. En effet, ces derniers activent la photosynthèse, un paramètre important, surtout à l’automne où les jours deviennent de plus en plus courts.

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