La recherche & développement est un élément indispensable pour améliorer encore et toujours les gazons sportifs. Si, au départ, les recherches portent souvent sur les stades de haut-niveau, les résultats peuvent avoir aussi des incidences sur les autres pelouses. Explications avec l’Institut National de la Recherche Agronomique.

Depuis 2010, l’Inra travaille sur les variétés qui sont le plus adaptées aux nouvelles conditions dans les stades après avoir travaillé pendant des années sur l’évolution des variétés et leur résistance aux piétinements.

 

En Poitou-Charentes, le site de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) à Lusignan est réputé pour ses travaux sur l’écophysiologie (étude des réponses comportementales et physiologiques des organismes à leur environnement, ndlr) et l’amélioration génétique des prairies semées destinées à l’alimentation des animaux d’élevage, mais également des pelouses sportives.

 

Evolution et importance

Le travail sur le gazon est avant tout de la recherche et du développement. C’est vraiment une partie intégrante du travail des semenciers, mais aussi des organismes de recherche, tel que l’Inra. De manière générale, sur les terrains de sports, les critères importants pour les gazons sont : la vitesse et la facilité d’installation, la densité, la résistance aux piétinements et aux maladies et la réduction de la fréquence de tonte. « Ces dernières années, les variétés de gazon ont beaucoup évolué, notamment la résistance aux piétinements. De plus, plusieurs solutions de gestion des pelouses sportives dans les stades de haut niveau ont été trouvées concernant la période hivernale, qui pose de moins en moins de problèmes aux gestionnaires de pelouse qui sont équipés des outils adéquats. A l’inverse, l’été est désormais davantage source d’inquiétudes. En outre, les stades du 21e siècle sont multifonctionnels et leur architecture modifie significativement le microclimat de la pelouse (zones d’ombre importantes…). De plus, il faut également prendre en compte les changements climatiques et étudier l’impact sur les variétés. Il est donc essentiel de travailler pour trouver les meilleures pelouses adaptées pour demain » explique Didier Combes, ingénieur de recherche à l’Inra.

Les simulations permettent de quantifier l’éclairage nécessaire dans les zones les plus à l’ombre et de déterminer le temps d’exposition des rampes lumineuses afin d’avoir un maximum de résultats en consommant un minimum d’électricité

Les travaux en cours

Depuis 2010, l’Inra travaille sur les variétés qui sont le plus adaptées aux nouvelles conditions dans les stades après avoir travaillé pendant des années sur l’évolution des variétés et leur résistance aux piétinements. Les tests ont lieu sur diverses parcelles sur lesquelles ont été reproduits les microclimats des stades. Des diagnostics ont également été effectués dans différents stades, comme à Valenciennes ou Lille.

Le second axe de travail concerne la gestion et l’utilisation, et plus particulièrement comment gérer au mieux un gazon disposant de système de chauffage et/ou de luminothérapie. « Une équipe d’ingénieurs et techniciens de recherche a commencé par étudier, sur les rampes lumineuses, l’écartement des lampes nécessaire pour éclairer de façon suffisante et homogène une surface donnée.
Dans un second temps, pour chaque stade, elle a mesuré et analysé le rayonnement solaire reçu par la pelouse pendant une année. Cette approche est basée sur la représentation du stade en 3D couplée à un modèle de rayonnement solaire. Les simulations permettent de quantifier l’éclairage nécessaire dans les zones les plus ombrées et de déterminer le temps d’exposition des rampes lumineuses afin d’avoir un maximum de résultats en consommant un minimum d’électricité. Il est nécessaire de comprendre comment fonctionne le couvert végétal en fonction de cet environnement particulier »
argumente Didier Combe.

 

Un lien direct avec les gestionnaires

Les différentes phases d’études étant longues, environ une dizaine d’années, des bilans intermédiaires sont réalisés en direction des gestionnaires de pelouse, comme l’explique l’ingénieur de recherche : « Nous organisons des réunions régulières pour présenter les résultats de nos expérimentations. C’est un retour d’expérience très intéressant pour eux car ils sont toujours en attente d’améliorations, mais également pour nous car ils nous font part de leur remarque et de leur vision de terrain. Ainsi, nous établissons des corrélations entre les résultats empiriques et leurs retours spécifiques sur leur pelouse. Nous leur permettons de mieux comprendre l’impact de leurs interventions sur le fonctionnement du gazon et d’ainsi d’être plus efficace dans leur travail quotidien. Ces réunions permettent aussi de réorienter certaines interrogations et les traduire en questions de recherche ».

Par ailleurs, l’ensemble de ces travaux n’aide pas seulement les pelouses de haut-niveau : « Les réponses trouvées permettront aux sélectionneurs et aux semenciers d’être mieux armés pour accompagner les gestionnaires des autres pelouses et ainsi les aider au mieux pour résoudre leurs problématiques » conclut Didier Combes.

 

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Gazon naturel : le travail essentiel de la R&D

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