La sélection de nouvelles variétés et de mélanges sportifs adaptés au manque d’eau, au piétinement, à des plans de fertilisation ou des programmes de tonte réduits, assure aux gestionnaires des économies substantielles. En effet, il possible d’économiser jusqu’à 40 % d’eau, plus de 50 % d’engrais, des quantités non négligeables de fongicides, de déchets de tonte… Le tout, sans nuire à la qualité du revêtement sportif.

Cela n’aura échappé à personne, l’heure est aux économies dans les services en charge de l’entretien des surfaces sportives. Faire autant, voire mieux, avec des effectifs et des intrants en moins. Tel est l’objectif des gestionnaires de terrains en gazon naturel. Si les apports d’engrais et d’eau sont et seront toujours indispensables, il en va de la qualité esthétique et mécanique du terrain, les professionnels s’intéressent de près au sol et au gazon, dont certains mélanges, sans faire des miracles, permettent de limiter les apports en eau, en fertilisants et/ou en produits phytosanitaires selon les objectifs fixés. Et il faut retenir une chose, pour laquelle les semenciers sont unanimes : les vieux produits et les habitudes empêchent les progrès de l’innovation, d’où l’intérêt d’investir dans de nouveaux produits, réputés performants et bénéfiques pour les finances des services.

Espèces et variétés ‘économes’
Première espèce : le ray-grass anglais, qui présente notamment une très bonne résistance au piétinement, à la chaleur et au manque d’eau. “Le ray-grass anglais n’est pas réputé pour être une espèce génératrice d’économies car sa croissance rapide demande des arrosages, des tontes et des fertilisations fréquentes. Mais la dernière génération de ray-grass anglais tétraploïde, dite 4n, vient redorer le blason de cette espèce. Les avantages majeurs d’un ray-grass anglais 4n demeurent dans sa capacité à supporter des conditions extrêmes : une germination à faible température (dès 3 – 4 °C au sol, contre 7 °C pour un ray-grass anglais classique), un enracinement profond et dense, une haute tolérance au stress et aux maladies, une très bonne résistance au sec, au piétinement et à l’arrachement, et une installation rapide et durable” développe Emine Avdan, chef de produits chez BHS. Même principe chez Top Green. “Pour des économies globales d’intrants, la meilleure solution s’appuie sur les ray-grass 4turf, avec des variétés dernière génération, comme Fabian, Tetrastar et Tetragrame très résistantes à tous types de stress. Par exemple, le mélange Eurosport 4-4-2, qui est un gazon très tolérant au sec et aux maladies, est donc moins exigeant en eau et en engrais” assure Hélène Wibaud, responsable marketing chez Top Green. Du côté du semencier Barenbrug, le ray-grass fait aussi l’objet de toutes les attentions. “Dans notre station de recherches basée à Mas Grenier, dans le Tarn-et-Garonne, ainsi que chez notre partenaire italien, nous menons des essais de résistance à la sécheresse dans lesquels nous plaçons les différentes variétés de ray-grass anglais dans des conditions de stress hydrique… ….extrêmes. Ce sont les variétés type RPR qui se démarquent. A l’heure actuelle, nous pouvons affirmer que les ray-grass anglais Barprium, Barbions, Amiata et Bartrace présentent de très bons résultats. Par ailleurs, le STRI (Sports Turf Research Institute) basé en Angleterre, a mené des essais de fertilisation sur différentes variétés de ray-grass anglais. La variété Barprium est ressortie comme capable de garder ses qualités intrinsèques alors que les doses d’azote sont divisées par deux !” détaille Michel Gaudillière, directeur commercial et marketing de Barenbrug France.

Autre espèce, la fétuque élevée, particulièrement résistante à la sécheresse. “Son réseau racinaire permet d’aller puiser l’eau en profondeur. Par conséquent, l’utilisation de fétuques élevées permettra de diminuer la fréquence des arrosages. A noter que la fétuque élevée RTF permet de réduire de 30 à 40 % les apports en eau ! (…) Les fétuques ovines offrent aussi les mêmes avantages que la fétuque élevée, avec pour avantage supplémentaire qu’il s’agit d’une espèce à croissance lente. La fétuque ovine permet donc, en plus de diminuer les fréquences d’arrosage, de réduire les déchets et la fréquence des tontes. C’est l’espèce la plus économe en termes d’entretien” indique Emine Avdan. “On conseille notamment un gazon avec fétuque élevée sur les terrains de sports non arrosés. La fétuque élevée résiste très bien au sec et à la chaleur et sera le première à redémarrer au retour de conditions hydriques plus clémentes” ajoute Hélène Wibaux. Concernant la fétuque élevée, Barenbrug fait part de résultats d’essai. “Des essais de mélanges conduits en Italie nous ont notamment montré que la variété de pâturin des prés Barimpala est le partenaire idéal de la fétuque élevée en condition séchante” indique Michel Gaudillière.

Enfin, le pâturin des prés… On l’oublie parfois, car il est gourmand en eau et en fertilisants. Un tort à entendre Marc Ribeyron, responsable espaces verts chez ICL Fertilizers. “Nous avons développé un pâturin des prés hybride, nommé ‘Heatmaster’, capable de produire des rhizomes, de s’enraciner profondément (1,5 fois plus que les fétuques élevées) et de s’implanter plus rapidement. Dense, il a aussi un fort pouvoir de régénération”. En duo avec du ray-grass anglais, le pâturin des prés convient parfaitement lors d’un regarnissage, car il colonise rapidement des espaces dégradés.

Des mélanges au top, un entretien à la baisse
Associées dans un parfait dosage, les différentes espèces et variétés d’un mélange agissent pour la plupart en synergie. Et c’est tout l’intérêt des mélanges proposés : les faiblesses de certaines d’entre elles sont largement compensées par les qualités des autres ! Focus sur quelques mélanges phares proposés par les géants du secteur…
La société BHS propose le mélange Ressemis Prestige, avec, en partie, du ray-grass 4n. “Grâce à ses caractéristiques physiologiques, le ray-grass anglais 4n permet de limiter l’utilisation des fertilisants et des produits phytosanitaires toute l’année. Les coûts d’entretien sont donc réduits et l’impact sur l’environnement est moindre” indique Emine Avdan.
A en croire Barenbrug, un mélange avec un minimum de 60 % de fétuque élevée montrera des avantages très intéressants sur terrains rustiques. “A la création d’un terrain de sports, le SP4080 permet d’obtenir un couvert moins exigeant en intrants mais ayant une forte capacité de régénération suite à une dégradation ou un stress. Les ray-grass anglais RPR et les fétuques élevées RTF qui entrent dans la composition du SP 4080 améliorent très nettement la capacité du mélange à résister à la sécheresse.
Le pâturin des prés est également intéressant. La variété Barimpala se comporte aussi bien que certains ray-grass anglais en condition sèche ; ceci est dû à une sélection réalisée dans le sud de la France. Un autre mélange est le SP Elite, composé de Barprium, d’Amiata et de Provost, cette dernière étant une variété de ray-grass anglais américaine retenue pour sa bonne résistance face aux maladies estivales et notamment au Gray Leaf Spot (pyriculariose). En test in vitro, concernant la résistance au GLS, les ray-grass anglais Amiata et Barprium ont montré des résultats meilleurs que les variétés de références. Autre mélange, le SPRPR, composé de plusieurs variétés de ray-grass anglais dont certaines sont traçantes. L’association tolérance au piétinement/capacité de régénération font de ce mélange un produit incontournable
” développe Michel Gaudillière.

Actuellement la meilleure solution pour un gazon globalement économe en eau, en engrais et en produits ‘phyto’ est l’association ray-grass 4turf et fétuque élevée, comme dans le mélange Eurosport Jeux. On estime qu’avec ce type de mélange on peut atteindre jusqu’à 50 % d’économie d’eau et 25 % d’économie d’engrais ainsi qu’une réduction de l’usage de produits phytopharmaceutiques liée à la tolérance élevée aux maladies des variétés choisies” assure Hélène Wibaux. Concernant les économies liées aux tontes, “il faut tenir compte de la réduction du volume de déchets de tontes qui peut atteindre 40 % en choisissant des variétés récentes, selon l’étude réalisée par Top Green sur les différences de production de déchets de tontes entre espèces et variétés à gazon. D’où l’importance de choisir des variétés récentes issues de la sélection réalisée par les semenciers” ajoute-t-elle. Chez ICL Fertilizers, le mélange Pro Select Strong contient désormais le ray-grass anglais ‘américain’ TRT autoréparant. Avec une pousse compacte, latérale et dense, un vert intermédiaire et une excellente résistance aux maladies, la variété TRT produit de nombreux talles (400/100 cm², contre 150/100 cm² pour les ray-grass traditionnels), capables de s’enraciner loin du plant principal afin de réparer un gazon endommagé. Elle accepte les tontes rases, jusqu’à 10 mm !

De toute évidence, au regard de l’offre actuelle, il y aura bien un mélange qui saura satisfaire vos besoins ! N’oubliez pas que négliger le choix du gazon, c’est négliger toutes les opérations d’entretien : arrosage, fertilisation, pulvérisation…

Gazons : les sources d’économie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *