Les filets sont des équipements essentiels pour la pratique sportive, notamment dans les structures intérieures. Pour chaque discipline, ils doivent répondre à un cahier des charges précis. Quelques précautions sont à prendre pour faire les bons choix.

© Huck Occitania
Pour une pose esthétique avec une arrête parfaitement définie sur la partie arrière du filet, il est conseillé d’avoir recours à des cordeaux de tension munis d’un taquet coinceur.

Il existe une grande diversité de formes, de tailles ou de coloris. En règle générale les filets de compétition sont de couleur sombre avec une maille carrée. Les fabricants proposent cependant un large choix pour les filets de compétition ou scolaires : mailles carrées, losanges, hexagonales avec des dimensions variées.

Le polypropylène comme matière principale

La plupart du temps sans nœuds, les filets sont de préférence en polypropylène haute résistance, simple maille. « Nous proposons des filets en polypropylène tressé de différentes épaisseurs, entre 3 et 5 mm pour le handball par exemple, avec des mailles de 100 x 100 mm » indique Gauthier Barthelmé, directeur général de SATD. Romain Guichardan, chef de ventes France de la division sport de l’entreprise Huck Occitania, va dans le même sens : « En tant que fabricant, nous conseillons aux collectivités de s’orienter vers le polypropylène haute résistance multifilament tricoté sans nœuds. Il s’agit d’une matière souple, malléable, imputrescible, traitée anti UV et indéformable. La souplesse de cette matière lui assure une très grande résistance à la flexion et à la rupture. La résistance du produit est déterminée par la quantité et la densité des fibres composant les brins. Le polypropylène dispose d’une capacité d’absorption des impacts de ballons plus importante que polyéthylène, ce dernier étant moins flexible, donc par définition plus cassant ».

Par ailleurs, les fabricants préconisent les filets tricotés sans nœuds, donc sans point de rupture à l’intersection des mailles. Un filet sans nœuds offre une résistance uniforme, que ce soit dans le brin ou aux intersections. De plus, il faut être vigilant sur l’épaisseur du surjet (renfort périphérique), qui correspond à la partie la plus sollicitée sur un filet. Une épaisseur de surjet entre 7 et 10 mm est recommandée.

Les précautions à prendre

Les dimensions réglementaires des filets de volley-ball sont fixées par la norme NF EN 1271 : elles sont de 9,5 m de longueur
pour 1 m de hauteur.

Avant d’installer des filets dans les salles sportives, quelques précautions s’imposent. Comme pour tous les matériaux installés à demeure dans les établissements recevant du public, la question de l’ignifugation du filet est primordiale. L’article AM10 de la Réglementation Incendie stipule que « dès lors que les mailles du filet sont supérieures à 10 cm² et que la trame de celui-ci n’excède pas 25 % de la surface totale du filet, il peut être admis de ne pas imposer d’exigence de réaction au feu au filet ». Cela signifie que l’ignifugation s’impose seulement pour les filets à petites mailles, c’est-à-dire en dessous de 35 mm (pour un diamètre de fil inférieur à 4 mm).

Deux méthodes d’ignifugation des filets existent à ce jour. La première, l’ignifugation par trempage, a une durée de vie limitée (environ 5 ans en intérieur). Passé ce délai, il faut renvoyer les filets aux fabricants pour une nouvelle ignifugation. La seconde méthode est l’ignifugation à cœur lors de l’extrusion de la fibre. Dans ce cas, il n’y a pas de limitation dans le temps et l’installation est possible même en extérieur. Dans tous les cas de figure, l’installateur doit fournir un certificat d’ignifugation précisant le type de traitement utilisé.

Les filets de handball

Les filets pour les cages de handball doivent être conformes à la norme NF EN 749. Les mailles doivent être carrées, de 100 mm maximum, avec des fils horizontaux et verticaux. De plus, il est conseillé d’avoir des cages de buts dotées d’un filet amortisseur (obligatoire pour les compétitions fédérales). Le maillage est identique, de même couleur et de même largeur que le filet. Il est suspendu à l’intérieur du but, à 50 cm en arrière de la barre transversale et lesté dans sa partie basse.

Les filets de volley-ball et de badminton

Les dimensions réglementaires des filets de volley-ball sont fixées par la norme NF EN 1271 : elles sont de 9,5 m de longueur pour 1 m de hauteur. Les filets doivent être munis d’une bande supérieure blanche de 7 cm de large et d’une bande inférieure blanche continue de 5 cm de large. Un filet tendu verticalement est installé au-dessus de l’axe de la ligne centrale. Sa partie supérieure doit être placée à 2,43 m du sol pour les hommes et 2,24 m pour les femmes.

Pour le badminton, il faut se référer à la norme NF EN 1509. Les dimensions du filet sont de 6,02 m de longueur pour 0,76 m de hauteur. Les mailles sont carrées, de couleur sombre, et comprises entre 1,5 et 2 cm. La partie supérieure du filet est bordée par une bande de renfort blanche de 7,5 cm pliée en deux, avec un câble métallique passant à l’intérieur. Les côtés latéraux et inférieurs sont bordés par une bande de couleur sombre identique à celle du filet, qui ne doit pas dépasser 2 cm.

Les filets de tennis

Les filets de tennis sont réglementés par la norme NF EN 1510. La dimension du filet est de 12,70 m de long pour une hauteur comprise entre 0,99 et 1,04 m. Les mailles doivent être de forme carrée ou losange et mesurer 45 mm de côté et être de couleur sombre. Le filet est surmonté d’une bande constituée d’une sangle de couleur blanche de 10 à 13 cm de large, rabattue sur les côtés du filet. Un câble passant à l’intérieur de la bande permet de fixer le filet aux poteaux. Le filet doit rester souple, afin de retenir les balles à proximité. Enfin, un régulateur sous forme d’une bande blanche de 5 cm de largeur au maximum permet de maintenir le filet à la hauteur réglementaire.

Les conseils de montage

La durée de vie d’un filet dépend de sa qualité intrinsèque, du montage initial, de l’intensité de la pratique sportive et de la discipline.

La règle de base pour tout montage est d’avoir un filet non contraint ni trop tendu. Il faut trouver un compromis entre tendu (qui répond à la dimension esthétique) et lâche (qui répond à la dimension pratique). En effet, les filets doivent conserver de la souplesse pour jouer au mieux leur rôle d’amortisseur, tout en ayant un rendu esthétique satisfaisant. « Généralement, sur un filet de handball, nous constatons une usure au niveau de la lisière sur la périphérie du cadre du but. Ce phénomène s’explique par le frottement dans les crochets de buts, ainsi que par la traction extrême sur la lisière lors des impacts de ballons violents et répétitifs. Afin de se prémunir contre cet inconvénient, nous préconisons de réaliser le montage des filets de handball à l’aide de sandows (extenseur en caoutchouc) à peine tendus. Pour un cadre de but de handball de 7 m, prenez un sandow de 6,50 m. Le sandow, de par son élasticité, offre un meilleur amorti et assure ainsi au filet une plus grande longévité. De plus, pour une pose esthétique avec une arrête parfaitement définie sur la partie arrière du filet, vous pouvez avoir recours à des cordeaux de tension munis d’un taquet coinceur » conseille Romain Guichardan. Pour le montage complet d’un filet de handball dans les règles de l’art, il faut compter entre 1 h et 1h30 par filet, sur un but en bon état.

Durée de vie et maintenance

La durée de vie d’un filet dépend de sa qualité intrinsèque, du montage initial, de l’intensité de la pratique sportive et de la discipline, d’après le chef de ventes de Huck Occitania. « La durée de vie d’un filet est variable selon si c’est pour le volley-ball, le tennis, le badminton… A titre indicatif, un filet de handball en polypropylène haute résistance de diamètre 4 mm, posé dans les règles de l’art, doit pouvoir tenir une saison minimum dans une salle s’il est utilisé quotidiennement (scolaires, entrainements et compétitions). Cette estimation ne tient pas compte des dégradations volontaires et usages inappropriés ». Les filets sur mesure, avec des déports, des évasements ou des dimensions parfaitement adaptés aux buts, auront une durée de vie rallongée, jusqu’à deux fois plus.

Concernant la maintenance, un contrôle visuel hebdomadaire des filets est un minimum. « Il permet de vérifier l’intégrité des buts, et de mener des opérations de maintenance: repérer les éventuels trous, changer des crochets ou les décoincer si nécessaire, mais aussi remettre en tension les filets précise » Romain Guichardan. « En règle générale, dès qu’il y a des trous, il est nécessaire de changer le filet, il n’est pas conseillé de le réparer, ce n’est pas une solution efficace » ajoute Gauthier Barthelmé.

Quel prix selon le type de filet ?

Le prix diffère selon la qualité, la matière, le procédé de fabrication, le diamètre de fil, la dimension des mailles, et s’il s’agit d’un produit standard ou d’une confection sur mesure. Voici une moyenne de prix pour les filets de différents sports :

  • handball : 80 euros HT la paire pour des filets scolaires et entre 100 et 250 euros HT pour des filets de compétition ;
  • volley-ball : entre 30 et 60 euros HT pour les scolaires et la pratique loisirs et entre 110 et 170 euros HT pour la compétition ;
  • badminton : entre 20 et 40 euros HT le filet scolaire et entre 40 et 70 euros HT pour la compétition ;
  • basket-ball : entre 10 et 30 euros HT la paire de filets ;
  • tennis : entre 55 et 150 euros HT le filet.

 

Les filets de protection d’installations sportives

Le filet peut avoir d’autres applications dans les gymnases : il peut notamment servir de barrière de protection en étant une solution sûre, rapide à installer et peu onéreuse.

En effet, la multiplication des pratiques sportives et les problèmes de cohabitation de plusieurs activités dans une même salle ont nécessité la mise en œuvre de filets de protection et de séparation. « Les filets sous plafond, par exemple, servent à protéger les plafonds, radiants, luminaires, etc., contre les impacts des ballons. Dans ce cas, ils sont tendus sur tout ou partie de la surface du gymnase. Ils sont fixés sur un réseau de câbles à l’aide d’anneaux brisés. Cela permet de les décrocher facilement pour des opérations de maintenance, sur les luminaires entre autres » explique Romain Guichardan.

Des filets de protection verticaux sont également possible : « Ils servent à protéger les vitres, les bardages, les murs d’escalade ou les spectateurs d’une salle. Nous proposons des filets en nylon cablés ou tressés ou en polyéthylène. Les mailles vont de 45 x 45 mm à 145 x 145 mm » explique Gauthier Barthelmé.

Toujours dans le souci de faire cohabiter plusieurs activités en même temps et d’optimiser l’utilisation de la salle, le rideau de séparation est de plus en plus utilisé. Il est habituellement composé d’une bâche ou d’une toile. Mais on assiste à l’apparition de nouveaux ensembles composés de bâche ou de tissu occultant en partie basse et de filet en partie haute, perméable à la lumière et à l’air (l’éclairage existant et la ventilation ou le chauffage ne sont pas affectés). Ces rideaux sont également plus légers, plus faciles à manipuler et moins onéreux que les toiles classiques.

 

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Le filet  : petit équipement mais grande importance

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