Depuis la construction et la rénovation des stades pour l’Euro 2016 de football, plusieurs d’entre eux sont équipés de système de luminothérapie pour améliorer la qualité de la pelouse. D’autres stades de haut-niveau devraient suivre dans le futur grâce à une technologie très efficace.

La LU440 est composée d’un bras central, comptant 10 lampes sodium de 1 000 W,
et de six autres périphériques qui se déplient et s’étendent.

Les feuilles du gazon poussent par processus de photosynthèse et en période hivernale, elles subissent le manque de chaleur et de lumière. « Les faibles températures empêchent le gazon de pousser, et il en est de même du faible taux d’ensoleillement, que ce soit en hiver ou parce qu’un ou plusieurs obstacles, notamment les tribunes, projettent de l’ombre sur la zone engazonnée. La croissance du gazon est pourtant nécessaire toute l’année, notamment pour contrer l’arrachement qu’il subit fasse à une utilisation intensive des terrains de sport. La luminothérapie permet de maintenir une excellente qualité de pelouse toute la saison. En effet, en hiver, le gazon est endommagé à cause des matchs sans qu’il ait la possibilité de se régénérer. Il est donc important d’apporter de la lumière artificielle. Il est ainsi possible d’obtenir une croissance du gazon de plusieurs millimètres par jour (même en hiver) et donc de bénéficier d’une pelouse de qualité à tout moment » explique Cyril Gateau, commercial de la société Hydraparts. « Aujourd’hui, si l’on souhaite développer la plante plus rapidement, il est nécessaire d’apporter au gazon tous les éléments de la photosynthèse, soit une lumière adapté au type de gazon en place sur le terrain, une température controlée qui ne peut pas être trop élevé par rapport à la température ambiante et du CO2 afin de développer les racines et rendre plus robuste le gazon. Grâce à tous ces éléments, le gazon continuera de pousser en période hivernale mais lui permettra aussi de mieux résister aux maladies » ajoute Florian Sparfel, manager général de Global Stadium Development.

De nombreux clubs professionnels utilisent cette technologie, notamment en Angleterre. C’est également de plus en plus le cas en France depuis environ trois ans, principalement car la Ligue de Football Professionnel est désormais très attentive sur la qualité des pelouses, notamment par la mise en place de la licence club.

 

Une étude à réaliser au préalable

Avant la mise en place d’un système de luminothérapie, il est important de calculer certains critères afin de choisir le bon matériel avec les données adéquates pour être le plus efficace possible. Par exemple, il est nécessaire de prendre en compte les dimensions du stade, la taille des tribunes, les ombres portées, mais aussi le nombre d’heures d’utilisation du terrain par mois. « Le dispositif de monitoring se base également sur une étude photolumineuse du stade réalisée en amont, sur le climat, sur des mesures précises (température, humidité ou conductivité du sol) et sur le visuel que le responsable du terrain dispose et peut indiquer au système. Ce dernier prendra en compte tous ces paramètres dans ses calculs. Ce dispositif permet d’estimer précisément en temps réel les besoins en lumière du gazon (en fonction d’un objectif donné), et donc d’optimiser l’utilisation de la luminothérapie et de la consommation électrique » précise le commercial d’Hydraparts.

« Pour notre machine, il est simplement important de déterminer la zone d’ombre à traiter. Ensuite, c’est le responsable qui est sur son terrain tous les jours qui va régler la vitesse d’avancement de la machine en fonction de l’état de son gazon aux différents endroits c’est pour cela que nous avons la possibilité de rentrer plusieurs programmes et vitesse d’avancement sur notre machine, pour vraiment s’adapter aux besoin du terrain sur plusieurs zones » précise de son côté Florian Sparfel.

 

Différentes tailles de machines

Les machines LU440 et MU360 commercialisées par Hydraparts comprennent un ensemble ampoules (60) et un réflecteur qui permettent d’obtenir un éclairage homogène sur l’ensemble de la surface.

La société Hydraparts distribue le matériel de la société LGL, entreprise leader sur le marché. Elle propose plusieurs tailles de machines afin de répondre à différentes problématiques : de 50 à 440 m². « La MU50 peut être utilisée seule ou combinée avec un autre appareil. Elle est parfaitement capable de traiter les sections plus petites du terrain qui sont le plus sujettes à l’usure, comme la surface de but. Avec ces unités mobiles, il est possible de traiter n’importe quelle « zone à problème » de manière efficace, sans traiter inutilement les zones environnantes. La LU440, quant à elle, a été conçue pour permettre un traitement structurel et logique du terrain. Son ingénierie sophistiquée et l’utilisation d’aluminium de haute qualité expliquent sa légèreté, sa bonne manœuvrabilité et son diamètre de braquage fortement réduit. Elle est composée d’un bras central et de six autres périphériques qui se déplient et s’étendent. Chaque bras compte 10 lampes sodium de 1 000 W. Leur durée de vie est de 10 000 heures, soit environ 3 ans. La consommation par rampe est de 62 kW (2 prises de 31 kW). De plus, la LU440 dispose d’un système de contrôle et d’automatisation permettant de programmer les heures d’éclairage avec la minuterie ou encore d’avoir un aperçu de la consommation électrique et du nombre d’heures de fonctionnement » décrit Cyril Gateau.

 

Le développement de machines équipées de leds

De son côté, la société Global Stadium Development commercialise une machine, testée durant 5 000 heures au stade du Roudourou à Guingamp, qui apporte un soin global à la pelouse (lumière, température adaptée et CO2). « Le LTE® photosyntheziser est une machine robotisée autonome, 100 % en aluminium recyclable, son poids est reparti sur toute la machine et non juste que sur les roues ce qui permet d’éviter une compaction du terrain. Elle est équipée de milliers de micro-leds avec une durée de vie de 40 000 heures. Pour la mettre en place, rien de plus simple : il faut environ 30 minutes à deux personnes pour la mettre au bord du terrain. Une fois sur la pelouse, la machine se déplace toute seule, grâce aux différents programmes préalablement enregistrés par le responsable du terrain, pour réaliser une bande de gazon. Le spectre lumineux, spécifique pour les gazons sportifs, est capté à 100 % par la plante, ce qui permet d’être plus performant au niveau de la densité du gazon, de la hauteur de pousse ou encore de l’enracinement. Selon les besoins de la pelouse, la vitesse d’avancement est réglable de 0 à 100 m/h. Si les besoins sont importants, le réglage est à positionner sur 2 à 3m/h » argumente Florian Sparfel. La puissance électrique de la machine est de 35kW pour une surface de 85 m². Concernant le coût de fonctionnement, il faut compter environ 15 000 eurosTTC/an pour la lumière et 10000 euros TTC de CO2 pour une utilisation entre septembre et avril. « Toutefois, le coût des consommation étant faible, il est tout à fait possible d’utiliser la machine en dehors de cette période pour anticiper l’hiver et obtenir un gazon très résistant » ajoute-t-il.

De son côté, Hydraparts commercialise la machine Led 14 de la société SeeGrow : cette technologie à base de lampes à led (7 modules) est située sous une tente de 14 m². Elle permet une croissance du gazon de 10 mm par jour. Le système SeeGrow parachève l’équation de photosynthèse et anticipe la croissance du gazon avec l’éclairage, la régulation automatique de CO2, le chauffage et l’irrigation automatique. L’énergie horaire requise est inférieure à celle de 2 lampes de 1 000 W. La LED émet de la lumière sans échauffement supplémentaire et peut être utilisée comme une simple rampe d’éclairage, sans risque de bruler l’herbe pendant de fortes températures. « Pour ce type de machine, la consommation est de 6,6 kW. Au total, le coût opérationnel est inférieur à 10 euros par jour par machine, CO2 inclus (0,15 euros/kWh pour l’électricité) » ajoute Cyril Gateau.

 

Quel coût pour une machine ?

Quelle que soit la machine, il est bien évidemment nécessaire que le stade soit équipé de branchement(s) électrique(s) au bord de la pelouse. Si ce n’est pas le cas sur les terrains municipaux classiques, les stades des clubs professionnels sont tous équipés. Concernant la maintenance, il n’y a pas d’opérations spécifiques, hormis le changement de lampes. Le stockage est facilité car les machines sont repliables. Par exemple, le LTE® photosyntheziser demande une surface de 36 m², qui peut être sous une tribune.

Par ailleurs, il existe différentes solutions pour acquérir une machine. Tout d’abord, l’achat de matériel neuf : entre 100 000 et 400 000 euros HT selon les modèles. Mais également l’achat d’une machine d’occasion ou le système de leasing (par les clubs en direct) pour lequel il faut compter plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois.

Si les clubs, de football comme de rugby, de première et deuxième division, récupèrent l’entretien de leur terrain, la luminothérapie devrait continuer à se développer dans les stades français.


La LU440 est composée d’un bras central, comptant 10 lampes sodium de 1 000 W, et de six autres périphériques qui se déplient et s’étendent.

 

FICHE TECHNIQUE

LU440

Empreinte d’éclairage en fonctionnement

440 m2

Puissance électrique

62 kW

Niveau d’éclairage

301 umol

Nombre de lampes

60 de 1 000 W

Dimensions du dispositif (en m)

11,4 x 20,3 x 2,5

Dimension de stockage (en m)

11,4 x 2,3 x 2,5

Poids

1 400 kg

Nombre de prises électriques par unité

2

Tension

400 V

Prise d’alimentation

63 A

Consommation par prise

48 A


Le spectre lumineux du LTE® photosyntheziser, spécifique pour les gazons sportifs, est capté à 100 % par la plante, ce qui permet d’être plus performant au niveau de la densité du gazon, de la hauteur de pousse ou encore de l’enracinement.

FICHE TECHNIQUE

LTE® photosyntheziser

Puissance électrique

35 kW

Puissance lumineuse au sol

320 umol

Durée de vie des micro-led

40 000 heures

Dimension totale déployée (en m)

12 x 6,8 x 1,5

Dimension d’entreposage (en m)

12 x 3 x 3,7

Surface déployée

85 m2

Surface d’entreposage

36 m2

Poids

3 500 kg

Vitesse d’avancement

0 à 100 m/h

Guidage

Laser

Prise d’alimentation

Prise 63 A

 

S’abonner au magazine Terrains de Sports

 

Les pelouses sous les feux des projecteurs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *